Les troubles psychologiques connaîtraient-ils des saisons ? C’est ce que suggère une étude menée par des chercheurs de l’université de Californie du Sud. De 2006 à 2010, été comme hiver, ils ont analysé les recherches Google effectuées par des internautes américains et australiens : le point sur leurs conclusions.1
L’hiver, propice aux troubles mentaux ?1
L’étude dirigée par John Ayers montre qu’en hiver, les recherches d’internautes au sujet de la santé mentale augmentent de 14 % aux États-Unis et de 11 % en Australie. Les troubles les plus mentionnés dans les recherches sont liés à la schizophrénie et aux troubles du comportement alimentaire. En période hivernale, ces requêtes spécifiques augmentent en moyenne de 40 % dans les 2 pays.
Dépression saisonnière et « vraie » dépression2
La dépression est une maladie complexe dont l’apparition chez une personne résulte de la combinaison de plusieurs facteurs : génétiques, psychologiques, comportementaux et biochimiques. Dans ce cas, peut-elle véritablement présenter un caractère saisonnier ?
La dépression saisonnière, ou trouble affectif saisonnier, est une forme de déprime liée à un manque de lumière naturelle. Elle apparaît généralement en automne et en hiver, lorsque les journées raccourcissent et que la luminosité se fait moins intense, pour disparaître au printemps. L’intensité de cet épisode varie en fonction des personnes. Il peut prendre la forme d’une déprime passagère, caractérisée par un trouble de l’humeur ou plus rarement d’une véritable dépression, beaucoup plus paralysante au quotidien.
De l’importance de la lumière au quotidien2
La lumière joue un rôle-clé dans la régulation de l’horloge biologique interne. Elle contrôle la sécrétion d’hormones comme la sérotonine dont le rôle est d’équilibrer l’humeur, ou encore la mélatonine, responsable des cycles éveil-sommeil. On comprend donc pourquoi des dérèglements hormonaux causés par un manque de luminosité peuvent être suffisamment importants pour occasionner des symptômes dépressifs.
Comment reconnaître une dépression ? 3
Plusieurs critères sont à prendre en compte.
Une dépression correspond à la présence, pendant une même période de 2 semaines, d’au moins 5 symptômes, dont obligatoirement : une humeur dépressive et/ou une perte d’intérêt ou de plaisir, associés possiblement à des troubles du sommeil, de l’appétit, de l’agitation ou au contraire un ralentissement psychomoteur, de la fatigue, de la culpabilité ou de la dévalorisation, des troubles cognitifs ou encore idées suicidaires.
Références :
- Google Searches Help Provide Insight into Seasonal Trends in Mental Illness – Science World report – April 2013
- Clinique des états dépressifs, EMC, F.Ferreri – 2006
- Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux 5e éd. American Psychiatric Association Trad. fr. Issy-les- Moulineaux, Elsevier-Masson 2015, 1 114p.
FR-NPDEP-0562 – Avril 2026