En France comme dans la plupart des pays développés, l’espérance de vie augmente, sans que cela s’accompagne nécessairement d’un bon état de santé. Certaines pathologies chroniques, parmi lesquelles la dépression, sont en nette progression. Plusieurs facteurs sont en cause, notamment l’évolution de nos modes de vie et de notre alimentation, de plus en plus riche en produits ultra-transformés et en graisses saturées. Explications.1,2
L’alimentation, un facteur impliqué dans la dépression ? 1,2,3
Si la composante génétique de la dépression est bien établie, elle ne permet pas à elle seule d’expliquer l’augmentation actuelle du nombre de cas observés dans le monde. Les recherches récentes mettent en évidence le rôle d’autres facteurs environnementaux, tels que la sédentarité, les perturbations du sommeil ou encore les modifications profondes de nos habitudes alimentaires.¹
De nombreuses études et méta-analyses publiées ces dernières années montrent qu’une alimentation riche en aliments ultra-transformés, en sucres ajoutés et en acides gras saturés est associée à un risque accru de symptômes dépressifs. Ces aliments favoriseraient une inflammation chronique de bas grade, liée notamment à une moins bonne oxygénation des tissus adipeux et à un stress cellulaire accru. Cet état inflammatoire persistant pourrait perturber le fonctionnement cérébral, altérer la neurotransmission et influencer l’humeur ainsi que les comportements, selon des mécanismes proches de ceux impliqués dans l’obésité et les maladies métaboliques.2,3
Le saviez-vous ? 3
Les aliments ultra-transformés peuvent perturber les mécanismes cérébraux de régulation de l’appétit. Leurs caractéristiques sensorielles (textures, odeurs, arômes intenses) stimulent fortement les circuits de la récompense, incitant à manger au-delà des besoins réels de l’organisme. Ce phénomène peut contribuer à une prise alimentaire excessive et à un déséquilibre durable du métabolisme et de l’humeur.
Privilégier les produits naturels et les omégas-3
À l’inverse, une alimentation riche en fruits et légumes est associée à un risque plus faible de dépression. Ces aliments sont naturellement riches en antioxydants (vitamines C et E, caroténoïdes, polyphénols), qui contribuent à limiter le stress oxydatif impliqué dans la dégénérescence cellulaire, y compris au niveau cérébral. Plusieurs études de cohorte récentes suggèrent qu’une consommation élevée de fruits et légumes est liée à une diminution des symptômes dépressifs, notamment chez les adultes.4
Par ailleurs, les acides gras oméga‑3jouent un rôle clé dans le fonctionnement des membranes neuronales et la modulation des processus inflammatoires. On les retrouve principalement dans les poissons gras (saumon, maquereau, sardine), certaines huiles végétales ainsi que dans les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots…). Des revues systématiques et méta-analyses récentes montrent que, s’ils ne préviennent pas systématiquement l’apparition de la dépression dans la population générale, les oméga‑3 peuvent contribuer à atténuer les symptômes dépressifs chez les personnes déjà atteintes, en complément des prises en charge habituelles. 5,6
Références :
- Inserm. La « malbouffe » est‑elle une cause de dépression ? Canal Détox, Salle de presse Inserm, 8 novembre 2023.
- Marx W, et al. Ultra‑processed food consumption and mental health: a systematic review and meta‑analysis. BMJ, 2024.
- Morys F, et al. Consumption of ultra‑processed foods is associated with structural brain changes. American Journal of Clinical Nutrition, 2025.
- Matison AP, et al. Fruit and vegetable intake and depressive symptoms: a co‑twin control study. Scientific Reports, 2024.
- Norouziasl R, et al. Efficacy and safety of n‑3 fatty acids supplementation on depression. British Journal of Nutrition, 2023.
- Carnegie R, et al. Omega‑3 fatty acids and major depression: a Mendelian randomization study. Translational Psychiatry (Nature), 2024.
FR-NPDEP-0560 – Avril 2026